De nouveaux visages à l’Assemblée nationale

La rentrée parlementaire du 7 février a notamment été marquée par l’arrivée de quatre nouveaux députés élus le 5 décembre dernier. Ce sont deux femmes et deux hommes qui ont fait leur entrée avec leur chef au « Salon de la race » comme le disait le premier ministre unioniste, Maurice Duplessis.

Bonheur, fébrilité et nervosité se voyaient sur leur visage. Tour à tour, ils se sont levés de leur pupitre, lequel a été occupé par des dizaines de Québécois avant eux, pour prononcer leur premier discours au Salon bleu. Ce moment est l’incarnation même de la démocratie. À cet instant, j’y vois avant tout l’humain désireux de représenter ses commettants et tous les efforts et les sacrifices déployés pour y arriver.

Je suis restée admirative devant chacun des discours, soigneusement élaborés par des rédacteurs politiques. J’ai beaucoup de respect pour ceux et celles qui décident de mettre leur photo sur un poteau puis deviennent des « heureux » élus!

J’ai ensuite été frappée par la jeunesse de l’une des nouvelles députées. Âgée de 24 ans, Catherine Fournier devient ainsi la plus jeune femme à être élue au Québec, alors que la moyenne d’âge des 124 députés composant l’Assemblée nationale (un siège étant vacant) est actuellement de 53 ans. Les deux nouvelles députées qui viennent de faire leur entrée déjouent d’ailleurs ces chiffres. Elles se sont jointes aux 34 autres femmes déjà élues ce qui est toutefois loin du sommet de 41 femmes élues atteint aux élections générales de septembre 2012.

Moi aussi depuis mes 24 ans je côtoie la politique. D’abord dans l’ombre d’un ministre comme attachée de presse, puis aujourd’hui en en tant que lobbyiste-conseil. Je connais des hommes et des femmes qui ont été député et ministre. Je connais également des hommes et des femmes qui sont des candidats défaits. Je côtoie des hommes et des femmes qui sont actuellement des élus.

Mais ce que je constate, c’est qu’encore trop peu de femmes font de la politique leur choix de carrière. J’aurai l’opportunité cette semaine de participer à un panel sur la politique québécoise à l’Assemblée nationale devant une assistance formée de jeunes femmes dans la vingtaine, événement organisé par À voix égales. Je témoignerai de mon expérience à titre de personnel politique. Je sais que l’une des questions qui me sera posée sera la suivante : « Quels conseils donneriez-vous à la jeune femme de 20 ans que vous étiez? ».

Sans hésitation, je lui répondrai que c’est un privilège de pouvoir travailler dans un cabinet ministériel et de côtoyer chaque jour –sept jours sur sept bien souvent! – des élus et des décideurs et que c’est un lieu d’apprentissage unique et incomparable. Je lui dirai, que sans être sous les projecteurs, nous sommes les premiers témoins de toute cette émotion qu’apporte la joute politique et qu’on y ressent la fébrilité qui se dégage de notre haut lieu de démocratie qu’est l’Assemblée nationale.

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